dimanche 19 septembre 2010

patrimoine et modernité, en débat à l'Institut Français de Dakar

A l'occasion des journées du Patrimoine, la médiathèque de l'Institut Français accueillait samedi 18 septembre 2010, le Docteur Hamady Bocoum, directeur du Patrimoine culturel au Ministère de la Culture Sénégalais. Une vraie liberté de ton, de bons argument techniques (on retiendra notamment l'explication technique de la "catastrophe annoncée" du Marché Sandaga), et une foi dans sa mission, qui vient contrarier l'avidité de certains promoteurs immobiliers. Pour autant, ceux-si semblent jouir d'une impunité qui laisse sans voix. Les démolitions récentes dans le quartier Kermel faites nuitamment, sans autorisation - pour laisser la place à des immeubles R+10- en sont le témoignage. Le mal est fait mais il semblerait -cette fois- que la justice soit saisie au plus haut niveau possible et qu'il y ait peu de chance que le promoteur en question puisse aller au bout de son projet immobilier.
Intervention remarquée durant le débat d'une jeune architecte belge, Luce Beeckmans, qui évoque un travail d'inventaire du patrimoine moderne, fait à Kinshasa, avec le soutien du Ministère de la Culture. Elle signale que les architectes européens, dans les années 50, se sont "servis" de leur projets africains, pour tenter de nouvelles choses, innovantes par les lignes, audacieuses dans les formes et les fonctions. A tel point, selon elle, que la banlieue de Dakar, recèlerait des bijoux architecturaux, témoins d'une époque, dont on aurait du mal à trouver l'équivalent en Europe aujourd'hui.
En conclusion du débat, le Dr Bocoum rappelle que ses missions s'arrêtent au patrimoine classé (il y a déjà fort à faire à Saint-Louis notamment), qu'il y a également tout un travail à faire sur le patrimoine immatériel. C'est sûr que dans ce contexte, l'inventaire et la mise en valeur du patrimoine moderne n'est pas encore une priorité. Espérons qu'elle le devienne.

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