
Vincent Michéa est un artiste peintre qui connaît bien Dakar, et qui l'aime. Il y réside la moitié de l'année, et chaque fois que nous nous croisons, il m'annonce la disparition d'un autre fleuron du Dakar d'antan. Attention, il n'est pas question ici de nostalgie (ni lui ni moi n'étions à Dakar en 1950). Il est plus question d'esthétique et de patrimoine. L'envie de mieux regarder ces traces architecturales avant qu'elles ne disparaissent dans l'indifférence générale, c'est lui qui me l'a donnée, quand il m'a appris que la maison dakaroise de Blaise Diagne, place de l'Indépendance, avait été détruite au profit d'un distributeur de billets (sans que personne ne s'en émeuve). Récemment, c'est le Sarraut, un des derniers bars avec comptoir et terrasse du plateau qui a été rasé (il était classé, paraît-il...)
Cette attention que porte Vincent Michéa à ce Dakar moderne, elle est sanctuarisée dans son travail, hommage flamboyant à la musique afro-cubaine des années d'indépendance, et aux emblèmes architecturaux de cette époque (le marché Sandaga, la place de l'Indépendance encore...). Avec un traitement hyper réaliste et grâce à un subtil travail sur la chromie, il nous projette dans une ville idéalisée, à la fois "pop", moderne et toujours africaine.
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